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    La tour de Bonnefon

    Le hameau de Bonnefon vaut le détour, l'architecture de son bâti est remarquable et chargé d'histoire, sa tour, sa grange et sa chapelle sont à découvrir de l'extérieur. (Bâtiments non visitables en intérieur).


    La Tour et Grange de Bonnefon

    La tour et la grange qui lui est accolée sont les principaux vestiges des bâtiments d’une grange médiévale. Situé sur le secteur de St Chély d’Aubrac, Bonnefon est proche d’Aubrac et de la voie Aggripa qui relie Rodez à Javols. Pendant la guerre de Cent Ans, les routiers menacent et pillent le Rouergue. Les abbayes mettent alors leurs granges en défense et dès 1392, les moines d’Aubrac consolident la Tour de Bonnefon. Au XV° siècle, Aubrac subit un nouvel assaut et les doms reconstruisent la plupart des domaines de la Dômerie. C’est à cette époque que Bonnefon est en grande partie reconstruit et fortifié. Du XV° au XVII° siècle, Bonnefon fût successivement occupé par les protestants et les militaires. 

    A la révolution, l’ensemble du domaine (bâtiments, tour, jardin) est vendu comme bien national. En 1806, Bernard Talon de Fonbrune, riche négociant en textile devient propriétaire.

     Il fixe sa résidence à Bonnefon faisant construire une maison à l’emplacement des anciennes prisons. A sa mort, son fils Antoine, dit « Talon aîné » hérita des biens de son père. Ce bourgeois, âpre au gain et procédurier, devient très impopulaire. Il perdit sa fille unique Marie Cécile Pauline âgée de 10 ans et fit ériger une chapelle près de la Tour où il plaça son tombeau. En marbre blanc, il est sculpté d’une représentation de la jeunesse fauchée. A sa mort trois ans plus tard, il rejoignit Pauline dans un tombeau dépouillé de tout décor.

                      Concernant l’architecture, la majorité des bâtiments conservés ont été élevé dans la seconde moitié du XVème siècle. La cour intérieure a conservé son aspect d’origine. Une maison conserve les fenêtres à meneaux percée dans les murs au XVI° siècle. La grande tour est aussi agrémentée des mêmes fenêtres. Principale défense de la grange, elle était crénelée et défendue par des hourds sur mâchicoulis. La « Grande grange », bâtiment à deux niveaux voûté, comporte en rez de chaussée une grande cheminée qui correspond probablement à la salle seigneuriale. L’étage, qui servait de grenier, ouvrait sur une double galerie soutenue par des piliers de pierre. Sur cinq des nombreuses cheminées des bâtiments de Bonnefon figurent des armoiries qui ont été martelées à la Révolution. On peut y voir notamment le blason aux trois fleurs de lys qui appartenait à la famille d’Estaing (trois doms de cette famille se sont succédés à la tête d’Aubrac entre 1437 et 1523). La légende veut qu’au lendemain de la bataille des Bouvines (1214), le roi Philippe Auguste aurait concédé les armes de France à Dieudonné d’Estaing qui lui aurait sauvé la vie sur le champ de bataille. La croix d’Aubrac, identique à la croix de malte mais bleue (au lieu de rouge) figure également sur les cheminées.

                      Le domaine en lui-même produisait essentiellement du seigle (servant à la nourriture des salariés de la dômerie et à la confection de pain pour l’aumône), de l’avoine (pour les chevaux) et du sarrasin (utilisé dans la nourriture des pigeons). Jusqu’en 1792, Bonnefon ne compte que des fermiers et leurs domestiques comme habitants. A partir de la Révolution, certains des nouveaux acquéreurs s’installent. Peu à peu, ce qui n’était qu’un domaine agricole se transforme en véritable village, avec son presbytère et son école.

                      Une activité industrielle a aussi existé sur le domaine favorisée par la présence de cours d’eau et de réserves forestières. C’est ainsi que du XIII° au XIV° siècle, une verrerie est établie sur le ruisseau de Mousseau. Les fouilles menées sur le site ont permis de découvrir une production de verres et bouteilles d’une singulière élégance.

    La chapelle Saint Antoine de Bonnefon

    Bâtie au XIX°, cette chapelle est liée à vie de la famille Talon, famille de négociant en textile de St Geniez d'Olt. Propriétaire d’une partie du domaine de Bonnefon depuis 1791, Bernard Talon y fît construire sa maison d’habitation à la place des anciennes prisons. Son fils Antoine prit la succession du domaine et de son mariage avec Cécile Caroline Marty naquît en 1828 son unique enfant : Marie Cécile Pauline. Il voua une véritable dévotion à sa fille qui mourut 10 ans plus tard. Ce décès l’affecta de manière si irrémédiable qu’il voulut garder le corps de son enfant près de lui. A cette fin, il entreprit de faire édifier à Bonnefon une chapelle où son corps reposerait. Cette chapelle n’était pas entièrement achevée 3 ans plus tard lorsqu’il décéda à son tour. Suivant ses dernières volontés, Antoine Talon repose ici auprès de sa fille. Le tombeau de Pauline Talon, en marbre blanc, est ornée d’une allégorie finement sculptée est une véritable œuvre d’art. Le tombeau d’Antoine Talon, également en marbre blanc est d’une extrême sobriété.